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Publié le mercredi 12 novembre 2008
L'association des précaires et des chômeurs appelle à un rassemblement jeudi à 11heures

Annie demande un traitement humain des dossiers, par un personnel qui prenne en compte les réalités de chacun et non par des machines .
Photo M.Q.
"Il y en a assez d'être seul. L'isolement du chômeur est insupportable. Il faut que tous ceux qui ont des déboires avec l'ANPE ou l'Assedic viennent le dire." Annie, 45 ans, au chômage depuis le mois de juillet, a décidé de réagir. Après deux ans de contrat aidé, à la mairie de Mazan, où elle occupait un poste de secrétaire, elle découvre le quotidien du demandeur d'emploi et témoigne de ses multiples déboires avec les structures censées l'accompagner. "C'est une machine infernale qui finit par broyer".
Elle raconte comment, dès le 1er juillet, elle s'est inscrite aux Assédic, par le biais du site internet. Elle a déposé son dossier quelques jours plus tard, directement à l'agence et a
reçu sa carte de demandeur d'emploi le 20 juillet. Mais au moment de pointer, à la fin du mois, toujours par internet, elle s'est heurtée à un obstacle: "dossier inaccessible". Avec cette simple
explication: l'Assédic est en attente de l'inscription pour la prise en charge de l'allocation de solidarité spécifique.
Déshumanisation
Et c'est le début d'un long parcours dans un dédale sans fin. A l'agence, personne ne peut l'éclairer, il faut téléphoner. Au téléphone, on lui confirme que le dossier est refusé mais qu'on en
ignore le motif. Finalement, quelques jours plus tard, on lui annonce qu'elle a été victime d'un "problème technique dû au système informatique". Le temps passe et pourtant à la mi-août,
Annie n'est toujours pas indemnisée. Il faudra encore plusieurs coups de téléphone et déplacements à l'agence, pour qu'un premier versement de 498,24 € soit enfin effectué. On est le 23 août.
"Il m'a fallu pleurer pour obtenir le 2e mois de chômage début septembre , déplore-t-elle encore. Outre le souci quotidien de la perte d'emploi, l'endettement, le risque
d'interdiction bancaire, le chômeur doit éviter de manger sur une période d'au moins 20 jours lorsqu'il attend ses premières indemnités."
Un jour, elle n'a plus supporté de se sentir maltraitée. Elle a rejoint l'association des précaires et des chômeurs, et s'est aperçue que son cas était loin d'être unique. "Il faut que tous ceux qui ont des problèmes avec l'Assédic, l'ANPE, puissent le dire." Elle évoque les conséquences de cette "déshumanisation" des structures. "On vit avec une épée de Damoclès sur la tête. Quand on est convoqué à un rendez-vous à l'ANPE, au moindre problème pour s'y rendre, on risque la radiation." Annie, qui a une double expérience d'assistante vétérinaire et de secrétaire, s'est aussi formée pour devenir technicienne en PAO. Depuis juillet, elle n'a trouvé aucune offre intéressante, vit avec 648 € par mois, cherche un logement sans trop y croire, et sait déjà qu'elle sera en surendettement.
Elle appelle tous les demandeurs d'emploi à se rassembler, pas uniquement pour dénoncer ce qui ne va pas mais aussi pour s'entraider, trouver des solutions pour mieux s'en sortir, pour se loger, se déplacer, se soigner, se distraire…"Et dire que les chômeurs sont souvent catalogués de fraudeurs, de feignants… Il faut arrêter avec ça. "Pratique Association des précaires et des chômeurs du Comtat Venaissin. 04 90 63 05 00 ou 0626205994. Permanences tous les mardis de 14h30 à 17h à la Bourse du Travail, 33 rue Mont-de-piété. Rassemblement devant l'Assedic, jeudi 13 novembre à 11h.
Par Martine Quinette - article "La Provence"